Réserve :

Score : 24 / 03

Première :

Score : 09 / 10

Le match fut donc de bon esprit, disons presque fair-play. Mais la tension est tout de même présente en ce début de match, ou nous retiendrons surtout l’exceptionnelle série de touche directe du RCP XV. Sarcelle ne demandait pas mieux pour s’installer dans notre camp et marquer les trois premiers points. L’habituel jeu d’occupation des équipes d’honneur nous a obligés à rester dans notre camp et subir l’exceptionnelle série de drops manqués du dix adverse.

Heureusement, nous avons Vincent Trouvé. Il fit l’admiration de l’arbitre qui nous confiait après le match : « votre 11, il ressemble à rien, mais il casse à chaque fois un placage ». Vincent apprécie  moyennement l’éloge. En l’occurrence, sur une action petit côté, Trouvé pète un placage, déborde sur l’aile, parvient à passer les bras pour son soutien. Puis le ballon est vite éjecté sur l’aile opposée, où Pierre Hec intervient proprement : il traverse, fixe et donne pour Romain Poivey qui marque en coin. C’est donc la deuxième passe décisive d’un roux en deux semaines. On n’arrête pas le progrès ! Romain Poivey marque son premier essai en équipe première.

Puis le match s’installe dans un faux-rythme. Tout est fait pour redonner à Sarcelles un peu de courage et d’abnégation. Le langage aussi est remis en question. A un des nôtres qui s’écrit dans la touche  « Les gars, on est un de moins (prononcez moinsse comme tout bon toulousain qui se respecte)», un supporter de Sarcelles répond : « Oh les gars on est à Paris ici, on ne dit pas moinsse, il est fou ou quoi celui-là ». Les conquérants du sud peinent à imposer leurs vues.

Menés 6-5 puis 9-5, et acculés dans notre camp, nous défendons notre ligne avec acharnement. Le match semble mal engagé quand la pluie se met à tomber. Mais sachez-le, la pluie a des vertus exceptionnelles.

Il reste peu de temps et le RCP XV repart au combat. Il repart même de très très loin, puisque Bertrand, pris dans l’en-but, offre à Brieg la joie de devoir remonter le ballon depuis notre ligne d’essai. Nous investissons de nouveau leur camp. Sur une touche à 15m de notre ligne, nos gros forment un maul pénétrant. Simon en 12, Romain en 14 et Brieg en 15, rejoignent l’attroupement pour aider les gros bras de nos petits bras. Le maul à 11, ça marche grave, et le bélier biterrois enfonce les Sarcellois. Pas à pas, l’édifice déploie son incommensurable énergie, translate et ondule savamment vers cette ligne d’en-but. Puis l’amas de joueurs s’effondre au-dessus du ballon planté victorieusement en terre ennemie après ce superbe assaut.

Quoi ? L’arbitre refuse ! 5 joueurs du RCP autour du ballon, ça ne lui suffit pas ?

Suspense haletant. Le monde retient son souffle… Quand tout à coup, Augustin talonne le ballon de son gros pied carré. Le coup de talon est tellement fort que la balle joue au flipper et ressort côté Sarcelles. Horreur ! Le ballon est perdu ! Et c’est là qu’intervient notre héros du jour. Cet homme, nous le connaissons tous. Surgissant de la nuit, masqué comme toujours, Salat s’empare le premier de la balle, fait un petit saut de cabri au-dessus du 9 et marque l’essai de la gagne.

Bon, vu du côté des trois-quarts, la scène était moins visible et moins belle. Cela donne plutôt : bordel incompréhensible, tout le monde lève les bras, on sait pas pourquoi. Apparemment c’est cool pour nous parce que tous les gros se font des bisous. Des scènes de liesse générale, des câlins et des encore des bisous clôtureront cet épisode magnifique du RCP XV. 10-9, petit mais grande victoire.

 

Brieg, jeune journaliste fou furieux et Nounours, photographe mal léché