Réserve :

Score : 08 / 24

Première :

Score : 21 / 06

C’est face à un public transcendant que nous avons joué ce match. Ces supporters fanatiques, arborant un t-shirt à l’effigie de Bryan Colin, ont réquisitionné toutes les poubelles de Paris pour taper dessus et faire du bruit. Hugo Ara a démonté tous les sièges du stade Balard-Mathon pour se faire une batterie. On entendit une heure durant Amblard, Grimmer-Bacasable et compagnie, crier à s’en casser la voix : « Ici, ici, c’est R-CCCP ». Le derby commence.

Pourtant, le début de match ne fut pas à notre avantage. Fort de ce capitalisme triomphant qui se diffuse pernicieusement à travers les frontières, Finances arrive ici en pleine confiance, et rentre parfaitement dans le match. Deux pénalités sifflées contre nous. Nous nous révoltons, et parvenons à mettre en place le caaaaaaadre de jeu, le plan de jeu: les temps de jeu se répètent, au large, au ras ; la charnière oriente bien le jeu. A men’ donné, le ballon est envoyé au large. Bruno Kitzis, qui se relevait surement d’un précédent regroupement, se trouve imprudemment dans la ligne, quand, horreur ! Petit Combret  lui fait la passe. Le monde retient son souffle… que va faire Kitzis avec un ballon dans les mains ?

Mais la révolution est en marche ! L’ouvrier stakhanoviste a fait des adeptes, et le prolétaire est polyvalent. Kitzis, les cheveux roux au vent, la foulée sure et altière, redresse sa course folle, fixe son défenseur, et allonge une passe dans la course de son coéquipier. Sa passe est décisive puisque le 3 contre 2 se transforme en 2 contre 1. Brieg feinte la passe et marque le premier essai. Nous repassons devant et menons 8 à 6 à la pause. Notre défense a été très bonne pendant cette première période, où les Financiers ont essayé de forcer notre ligne d’en-but, sans succès. Leur troisième ligne centre a bien réussi à passer notre ligne une seule fois, mais Hugo et Petit Combret se sont couchés sous le ballon et l’essai n’a pas été validé.

En deuxième mi-temps, nous commençons à prendre véritablement l’ascendant. Le terrain est un champ de bataille, ou l’on se bat dans les tranchées. Le jeu financier, fait d’OPA au ras et de bulles spéculatives autour du dix, ne suffit plus à déranger notre défense.

Mieux ! Petit Combret déplace magnifiquement le jeu au pied et pousse les financiers à jouer une touche à 5m de leur ligne. C’est à ce moment-là que Grand Combret atteint les étoiles et claque le ballon dans notre camp. Les avants forment un beau maul pénétrant, qui mène Salat dans l’en-but. Premier essai des gros de la saison !

Les Financiers recherchent tous les moyens pour renflouer leur capital. Ils boursicotent bêtement et font des erreurs grossières. Sur un renvoi, Salat est fauché sans ballon ; l’adversaire fautif est envoyé en prison dix minutes, et coûtera 7 points à son entreprise. Mais c’est un autre événement que nous retiendrons (mais pas lui): la mort de Petit Combret. Envoyé à la boucherie ovalie par une passe au cordeau, Petit Combret donne son corps à la science et se prend le crâne chauve du financier d’en face.

Le coup est fatal, la boite est secouée. Petit Combret s’écroule K.O, les bras électrifiés et les yeux révulsés. Petit Combret ne se souvient même plus d’avoir mangé de l’aligot au marché aveyronnais de la veille : son cas parait donc désespéré. Il sort du terrain hagard sous les ovations du public de Balard-Mathon.

Cela n’empêche pas le RCP15 de continuer son ascension. Brice défonce le rideau de fer à plusieurs reprises, Mocho écrase les têtes avec ses grosses mains poilues, et nous nous installons dans leur camp.

Sur une attaque déployée, Bourbonnaud II écarte le ballon pour Papaix, qui balance un passe en cloche. Yannisse passait par là, et marque le troisième essai, synonyme de point de bonus offensif.

La fin du match n’est qu’une question de gestion (rester dans le caaaaaaadre du jeu). Nous gardons notre bloc inviolé, et les Financiers se font bouffer comme des petits gâteaux.

 

Brieg, jeune journaliste fou furieux et Nounours, photographe mal léché